Publié le 6 janvier 2020

Retour d’expérience de la rentrée 2019

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Retour d’expérience de la rentrée 2019 placée sous le signe de la réforme du lycée, et conseils sur la mise en place d’un projet numérique.

Interview de Madame Leseignoux, conseillère d’orientation et chargée de la gestion des manuels scolaires, au collège-lycée Saint André à Colmar (établissement de 1500 élèves).

 

Quels ont été les enjeux pour votre établissement de cette réforme du lycée ?

En premier lieu, la préparation et le respect de la philosophie de cette réforme avec un bac un peu plus à la carte ; le tronc commun étant en 1ère et en Terminale beaucoup moins important que dans l’ancien bac. L’enjeu était de respecter le choix de spécialités des élèves, de leur proposer le plus de combinaisons possibles.

 

Combien avez-vous pu proposer de spécialités ?

Nous les proposons toutes sauf dans les spécialités « artistiques ». Nous avons « arts plastiques » mais pas « musique », « théâtre », « cinéma ». Tout comme la spécialité « Numérique et Sciences Informatiques ».

 

Comment avez-vous vécu cette rentrée ? Et vos collègues et vos élèves ?

Nous avons déjà ressenti la réforme bien avant la rentrée, puisque dès le mois de juin nous nous sommes interrogés pour savoir si nous permettions à tous nos élèves de faire toutes les spécialités ; y compris sans choix de combinaisons, c’est-à-dire qu’un élève pouvait choisir des matières qui paraissaient incohérentes, du type physique, histoire, et humanités. Et nous nous sommes dit que nous voulions rendre ça possible.

Donc nous avons totalement éclaté les groupes classes, et les élèves ne sont ensemble qu’en tronc commun. Nous avons vraiment respecté la philosophie de cette réforme, ce qui fait qu’en début d’année quand les élèves ont découvert leurs classes, ils se sont rendus compte qu’ils ne seraient ensemble que 12h par semaine, et que le reste du temps ils seraient avec d’autres camarades qu’ils ne connaissent pas. Donc, les élèves ont dû se faire à cette situation avec en plus, des emplois du temps qui ne sont forcément pas aussi simples que les années précédentes.

 

Comment vous êtes-vous organisés pour la gestion des emplois du temps ?

C’est le proviseur qui réalise les emplois du temps. Ensuite, ce que nous avons fait avec mon collègue, directeur adjoint et avec le CPE, c’est de mettre les élèves dans des groupes, et de vérifier en fonction de l’emploi du temps qui nous avait été proposé, ce qui était compatible.

Cela nous a pris 3 semaines, puis ensuite une semaine à la rentrée pour réajuster les quelques erreurs et parce que nous avons accepté que certains élèves changent de spécialités. Parfois ils réfléchissent pendant les grandes vacances 😉

 

Quelles sont pour vous les prochaines étapes de la mise en œuvre de la réforme ?

En Première nous avons mis en place les E3C, les épreuves communes de contrôles continus. Et nous avons déjà donné à nos élèves de Première l’échéancier de leurs deux prochaines années avec les dates de passage des examens.

 

Votre établissement fait partie du projet 4.0 du Grand Est, c’est-à-dire que vous allez progressivement n’avoir plus que des manuels numériques. Depuis quand êtes-vous intégrés à cette démarche ?

Depuis cette année avec les classes de Seconde et de Première. Nous faisons les deux niveaux en même temps et les Terminales l’année prochaine.

Tous nos élèves de Seconde et Première ont bénéficié de l’ordinateur offert par la Région et également des manuels numériques subventionnés par la Région.

 

Comment vous êtes-vous organisés pour mettre en place ce projet ?

C’est en premier lieu une décision de la direction d’intégrer ce dispositif : concrètement en regardant autour de nous, les retours des lycées 4.0 tests étaient intéressants.

Ensuite, pour les élèves cette année, l’ordinateur est gratuit à destination.
Enfin, si nous ne rentrions pas dans la démarche cette année, nous allions faire partie des seuls établissements qui n’étaient pas 4.0, et cela ne se justifie pas par rapport aux parents.

 

 Quelle organisation interne avez-vous mis en place ?

Nous avons 2 référents numériques, plus le secrétaire général qui est aussi administrateur réseaux, et nous avons embauché cette année un technicien informatique. Nous avons également mis en place cette année un service d’assistance en ligne: dès qu’un élève a un souci il enregistre un ticket informatique, qui est redistribué à la bonne personne. Moi, par exemple, je m’occupe des problèmes de connexion au niveau des manuels numériques et mon collègue technicien informatique va s’occuper des problèmes d’applications. Nous avons chacun des rôles bien définis.

Au mois de juin, c’était l’étape de la demande auprès des enseignants des manuels scolaires qui étaient désirés pour faire le devis au niveau de la Région. Et ensuite, l’affectation des manuels a été faite par le directeur adjoint et moi-même.

Nous nous y sommes mis à plusieurs parce que c’était un peu compliqué, sur une journée nous avons passé 6h, en sachant que nous avions déjà réalisé tout un travail en amont de préparation de classes. Nos classes ont été bien intégrées dans mon bureau numérique et dans le GAR du coup, mais pas les groupes de spécialités. Ce qui fait que nous avons du tout faire à la main, élève par élève, et toutes les spécialités, les langues, etc.

 

Par rapport au matériel, qu’avez-vous mis en place ?

Il y a une borne Wifi dans chaque classe ; donc pas de problème de connexion. Dans notre établissement, les bornes ne sont pas ouvertes, tout le monde ne peut pas s’y connecter : il faut avoir un code qui dure 1 à 2h.

Quand un professeur veut faire une séance où les ordinateurs ont besoin d’être connectés, hors manuel (NDLR : les manuels sont utilisés en mode « hors connexion uniquement, comme c’est souvent conseillé en classe), il vient demander un code à l’accueil qui lui ai transmis et est retransmis aux élèves pour qu’ils se connectent. C’est aussi pour éviter trop de diffusion d’ondes.

 

La mise en place du projet 4.0 s’est donc bien passé dans votre établissement. Qu’est-ce que vous donneriez comme conseils à vos collègues ? Quels sont les prérequis au succès d’un tel projet ?

La première étape est vraiment technique : il faut que l’établissement soit équipé, parce qu’autrement on ne peut rien faire.

Un exemple simple : les ordinateurs ne tiennent pas beaucoup la charge, ce qui fait que nous avons des élèves qui toutes les heures veulent recharger leurs ordinateurs mais il y avait deux prises dans la salle de classe, nous avons donc dû investir dans des multiprises.

En deuxième point, il faut bien travailler avec les équipes pédagogiques parce que ça ne sert à rien de passer dans une phase numérique si les enseignants ne sont pas prêts à franchir le cap. Si c’est pour avoir des manuels numériques et ne pas s’en servir, ça ne sert à rien.

 

LDE vous accompagne sur les manuels numériques avec le projet 4.0 de la Région, que pensez-vous de notre accompagnement dans ce projet et dans cette réforme ?

Cela fait des années que je travaille avec LDE. Les commandes passent par LDE, l’interface est restée la même que pour les autres commandes donc ça s’est fait très très vite.

Et pour les quelques soucis que j’ai eu, je suis passée par la hotline et j’ai eu des réponses très rapidement. En complément, Mme Merah, ma conseillère, appelait régulièrement pour savoir si ça se passait bien. Donc vraiment, jamais rien à dire.

 

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