Publié le 2 juin 2019

Préparer la rentrée – Témoignages projets numériques

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L’interview de M. Heitz, chef d’établissement d’un des premiers lycées 4.0

Le projet Lycée 4.0, lancé en janvier 2017 par la Région Grand Est, vise à transformer tous les lycées dont elle a la charge en établissements entièrement numériques à l’horizon 2021. Nous avons rencontré Guy Heitz, chef d’établissement d’un des premiers lycées 4.0, et avons discuté avec lui des motivations, des contraintes, des points positifs et des opportunités qu’impliquent un tel projet.

Je m’appelle Guy Heitz et je suis chef d’établissement du Collège Épiscopal Saint Etienne de Strasbourg depuis 2013. L’établissement comporte à ce jour environ 1950 élèves, depuis le cours préparatoire jusqu’aux classes préparatoires. Une des caractéristiques de l’établissement est de comporter une filière Abibac, donc franco-allemande, des tous petits jusqu’à la classe de terminale.

Vous êtes un Lycée 4.0. Pourquoi le Collège Épiscopal Saint-Etienne est passé au numérique ?

Nous sommes effectivement un Lycée 4.0 de la première génération, parmi les premiers lycées 4.0 de la Région Grand Est. En 2015 nous avons équipé les classes à partir de la quatrième en tablettes et manuels numériques, lors d’une première phase expérimentale. À l’issue de cette expérimentation, nous avons déployé des tablettes en classes de seconde à la rentrée 2017. C’est à ce moment-là que le projet 4.0 est arrivé, donc nous avions déjà mené un travail en amont, à la fois pédagogique pour les élèves et les enseignants, et un travail sur l’aspect matériel, puisque l’équipement et l’infrastructure du réseau avait déjà été réfléchies dans le cadre de notre projet personnel.

 

Quel a été l’élément déclencheur qui vous a amené à une expérimentation, avant même d’être un Lycée 4.0 ?

C’était une volonté collective. Une volonté évidement qui émane au départ d’un souhait que je portais : de voir quelle pédagogie on pouvait appliquer aujourd’hui, en lien avec l’usage du numérique, c’est une fibre personnelle. Après, il y a surtout eu une équipe de profs volontaires pour partir dans cette expérimentation. Une dizaine de professeurs se sont tout de suite déclarés candidats à expérimenter, puis deux autres équipes ont suivi. Nous avons aujourd’hui à peu près 120 enseignants, donc cela veut dire que très rapidement une vingtaine puis une trentaine d’enseignants sont partis dans le projet.

L’idée au départ était tout simplement de tester, de voir si l’apport du numérique apportait, en termes de pédagogie et d’enseignement, quelque chose dans les matières et pour les élèves. Et comme l’expérimentation s’est avérée positive, d’après l’avis des enseignants, nous avons déployé plus largement.

Notre projet pour l’année 2019 est d’avoir à peu près un millier de tablettes dans l’établissement. Aujourd’hui, chaque lycéen, à l’entrée en seconde, est doté d’une tablette qu’il garde pendant tout le lycée.

 

Lire l’interview en entier

 

L’interview de M. Latouche, directeur du primaire au lycée français de Zurich

Le Lycée Français de Zurich s’est engagé depuis la rentrée 2017 dans une transformation digitale. Les tablettes sont entrées dans les classes pour une utilisation pédagogique. En classe élémentaire, chaque élève dispose d’une tablette personnelle de type iPad. François Latouche, Directeur du primaire, nous explique en quoi consiste le projet numérique de l’établissement.

Pouvez-vous nous éclairer sur votre projet d’établissement ?

La refondation de l’école nous invite à rentrer pleinement dans l’ère du numérique. Nous voulions répondre à une demande institutionnelle. Et notre motivation première était de permettre véritablement à nos élèves d’être préparés au 21e siècle en leur donnant la possibilité de développer de nouvelles compétences. Nous parlons de communication, de collaboration, de développement d’esprit critique et de programmation. Ce qui motive notre projet c’est de vraiment faire de nos élèves des citoyens numériques qui sauront utiliser les moyens à leur portée, de façon raisonnable et raisonnée. Notre spécificité, c’est d’avoir un projet qui commence dès la maternelle, avec 6 tablettes par classe, et qui se prolonge de manière assez cohérente jusqu’à la terminale dans les usages, les objectifs et les moyens utilisés.

Pouvez-vous nous parler de la mise en place de votre projet ?

Nous sommes partis avant tout de la question du besoin pédagogique. Nous avons des besoins de personnalisation, de différenciation et d’évaluation formative bienveillante. Sur ces principes de bases, nous avons construit un projet qui correspondait aussi aux besoins des enseignants : il faut leur donner les moyens nécessaires car les classes sont nombreuses. Nos enseignants ont eu 5 journées de formation à l’intégration et l’appropriation des outils numériques pédagogiques, pour qu’ils puissent proposer le meilleur à leurs élèves.
Par ailleurs, nous développons dans le cadre de notre école un pôle numérique d’innovation. Des professeurs vont bénéficier de 5 journées supplémentaires pour leur permettre d’aller encore plus loin et d’accompagner les autres enseignants. Il est important, pour qu’un projet fonctionne, d’accompagner le corps enseignant. L’improbable devient possible quand on est accompagné !

D’après vous, quels sont les 3 éléments fondamentaux d’un projet numérique ?

Premièrement, un projet numérique s’appuie sur une vision qui est avant tout tournée vers l’élève, sa réussite et l’amélioration de ses performances. Ensuite, un projet numérique s’appuie sur la formation des enseignants et des familles. Enfin, un projet nécessite des moyens conséquents qui constituent des outils attractifs et de motivation pour les élèves, les familles, et les enseignants qui développent de nouvelles compétences professionnelles.
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