Publié le 18 mars 2019

Déploiement des outils numériques

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Des solutions innovantes assurent l’accès au numérique éducatif pour tous

François-Xavier Leterme, ingénieur et entrepreneur dans le domaine de l’e-éducation depuis 10 ans, est le fondateur de la société Milliweb. C’est avec lui que nous avons pu discuter des problèmes rencontrés par les établissements scolaires dans leur déploiement numérique, des solutions possibles pour assurer de bonnes pratiques pédagogiques et de l’avenir du dossier numérique de l’éducation.

LDE : Pouvez-vous nous présenter MilliWeb?

François-Xavier Leterme : Milliweb est une société spécialisée dans les Ed tech, et principalement dans les projets de classes numériques, avec des tablettes et smartphones. Nous proposons des solutions simples pour faciliter l’utilisation des tablettes en classe, et les problèmes que nous résolvons aujourd’hui sont de l’ordre de la sécurité, de la maintenance, de la facilité de diffusion de ressources sur les tablettes et les smartphones et, par exemple, de la récupération de productions des élèves afin de les valoriser dans d’autres types d’activités.

LDE : Quand vous parlez de tablettes, est-ce que vous intervenez sur des classes mobiles dans les établissements ou est-ce que vous intervenez aussi dans les établissements qui ont choisi le « bring your own device » ?

FXL : Nous travaillons effectivement sur trois types de projets :

-les classes mobiles avec une tablette utilisée par tout un tas d’élèves différents,
-les projets avec une tablette par élève financée par l’établissement,
-et les projets « bring your own device » (BYOD) où la tablette de chaque élève utilisée en classe est financée par les parents.

Sur les deux premiers projets, nous intervenons avec l’application native, qui va permettre de prendre la main et de contrôler complètement la tablette. Sur les projets BYOD, nous avons une partie plus light, avec moins d’empreinte sur la partie OS et plus sur la partie pédagogie.

LDE : Est-ce que vous pouvez nous expliquer plus en détails quels sont les problèmes de sécurité et de maintenance auxquels répond MilliWeb?

FXL : Notre solution vient s’installer sur les tablettes et sur les smartphones et remplace leur interface classique par une interface sécurisée. Cette dernière  empêche par exemple l’élève de faire autre chose que ce que l’on souhaite, comme la dé-configuration, ou l’accès aux paramètres. Milliweb  va être capable de garantir une stabilité de la tablette, avec un minimum de maintenance à réaliser par les administrateurs. Si on laissait les élèves libres de faire ce qu’ils veulent, très rapidement ça deviendrait le « bazar ». C’est vécu par beaucoup d’établissements qui ont fait le choix de ne pas contrôler ce qui se passait sur les tablettes. En ajoutant cette application qui va limiter les actions possibles par les élèves, MilliWeb va garantir un maintien des conditions opérationnelles sur l’ensemble des tablettes déployées. Le but, c’est vraiment d’économiser du temps, pour que les tablettes ne soient pas envoyées toutes les semaines, par exemple, au référant technique de l’établissement, qui va devoir remettre en l’état toutes les tablettes déréglées par les élèves.

LDE : Milliweb est présent sur le déploiement de licences tablettes, mais que cela signifie concrètement ?

FXL : Il faut considérer qu’aujourd’hui une tablette va arriver dans les mains de l’élève sans avoir forcément de contenu pédagogique préinstallé. Selon nous, c’est à l’enseignant de décider quel type de contenu il va utiliser durant sa séance de cours, s’il va ajouter un PDF, un document, un manuel numérique, ou une application par exemple. L’agrégation de tous ces contenus va l’aider à changer ses contenus pédagogiques, et il faut diffuser ces ressources depuis un service cloud ou un service en ligne, pour ensuite les retrouver facilement sur les tablettes et faire en sorte que tous les élèves, au même moment, puissent se retrouver avec l’ensemble des ressources nécessaires pour suivre le cours. Les enseignants ont donc différentes possibilités : soit des ajouts pédagogiques le temps d’une séance, soit faire évoluer le contenu des tablettes. À ce moment on va être plus dans la technique avec des profils administrateurs qui vont être capables de gérer l’ensemble de la flotte.

LDE : Est-ce que vous pouvez nous parler d’un exemple concret, où MilliWeb a apporté son expertise, malgré des problèmes d’infrastructures ?

FXL : Nous nous préoccupons de tenir compte des infrastructures et de la connectivité présente dans le lieu d’apprentissage. Très souvent, on considère qu’on va avoir accès à du 100 % on-line, et que tous les élèves simultanément pourront accéder aux ressources, mais c’est rarement le cas. On a rarement un établissement qui a une connectivité suffisante pour gérer l’ensemble des tablettes qui devraient être connectées à des ressources pour des activités. Un très bon exemple, c’est le déploiement de manuel numérique. Quand on connaît le poids d’un manuel numérique, le diffuser à cent tablettes ou cent établissements simultanément, ça demande tellement de bande passante que c’est très compliqué.

MilliWeb va simplement utiliser des services locaux, par exemple des petites box internet. C’est une partie de notre solution, on va être capable de localiser tout ce qui prend du poids, tout ce qui va consommer de la bande passante dans l’établissement pour que la consommation soit limitée. Nous optimisons la consommation d’une bande passante en l’utilisant qu’une seule fois, et au final les élèves et l’enseignant auront la même chose sur leur tablette. Au lieu d’aller télécharger trente fois, par exemple un document PDF via internet, on consomme une fois pour la box internet et ensuite trente fois en local entre la tablette et la box. Grâce à cette solution, on devient moins dépendant de la connexion internet, puisque la diffusion se fait en wifi directement entre la tablette et notre box. On sait que notre box est capable d’aller jusqu’à cinquante utilisateurs simultanés et donc on garantit quelque part, à l’enseignant, qu’il va pouvoir exercer sa séance de cours avec moins de difficultés techniques que s’il était directement relié à l’infrastructure de son établissement.

LDE : Est-ce que vous pouvez nous parler d’un exemple un peu plus complexe à mettre en œuvre ?

FXL : On va prendre un exemple pour lequel on travaille toujours d’ailleurs. Nous avons été sollicité pour le compte de l’ONU, et notamment du HCR, le Commissariat aux Réfugiés, pour travailler pour l’équipement de salles de formations dans les camps de réfugiés. Cela veut dire pas de connexion, pas d’électricité et un minimum de possibilités offertes aux apprenants qui viennent et qui ont besoin de continuer leur apprentissage. La problématique, évidemment elle est double, elle est non seulement sur la partie technique, mais aussi sur la partie pédagogique. Avant notre arrivée, il n’y avait que de la mise à disposition de ressources off-line, donc statiques. Les apprenants étaient très limités parce que les ressources, les articles par exemple, n’étaient pas contextualisés et il n’y avait pas d’encadrement pédagogique. Nous avons mis en place une solution grâce à un mini LMS, qui permet justement de créer des mini séances pédagogiques.

LDE : Est-ce que vous pouvez nous dire de quelle manière MilliWeb collabore avec LDE ?

FXL : Avec LDE nous collaborons sur le déploiement des manuels numériques. C’est quelque chose de très compliqué à réaliser, non pas techniquement, mais qui exige une préparation, de la bande passante et un aménagement important pour être réalisé de manière simultanée sur beaucoup de devices à la fois.
Nous avons travaillé avec LDE sur des projets dans des lycées français à l’étranger et dans des établissements en France.
Simplement, nous constituons l’ensemble des manuels nécessaires pour les tablettes, nous les localisons sur les box pour assurer la diffusion sans avoir des contraintes sur la bande passante de l’établissement. Imaginons qu’un manuel d’1 Giga est téléchargé cent fois… La bande passante de l’établissement va tomber, ce qui va gêner l’enseignant qui essaye de diffuser son manuel, mais aussi le réseau administratif et le réseau pour les autres élèves qui en ont aussi besoin. On assure donc une forme de protection du réseau de l’établissement, qui ne sera pas gêné par la diffusion de manuels numériques.
LDE nous aide aussi vis-à-vis des plateformes des éditeurs. Nous avons des connecteurs chez les éditeurs tels que KNE et CNS, et c’est une chose que nous ne savons pas faire, mais que réalise très bien LDE. C’est toute la partie en amont qui est concernée, avec l’affectation et la réservation des manuels sur les différentes plateformes. Puis, ensemble, nous sommes capable de récupérer les manuels pour les mettre directement sur les tablettes. Nous avons aussi un petit outil qui permet de savoir automatiquement quand un élève se connecte sur une tablette, de savoir à quoi il a le droit, d’aller récupérer et télécharger les manuels dont il a besoin.

LDE : Selon vous, quels sont les best practices ou les écueils à partager sur le déploiement de manuels numériques ?

FXL : Le problème le plus fréquent quand on déploie des manuels numériques, c’est de ne pas prévoir le temps que ça nécessite, surtout si l’on ne s’appuie pas sur les outils. Tous ceux qui ont commencé à déployer à la main les manuels numériques peuvent témoigner de la difficulté que ça représente, non seulement en termes de technique, mais aussi en termes d’infrastructures nécessaires, et de temps, parce que c’est très long. Quand on déploie des manuels, l’idéal est évidemment d’avoir prévu tout ça en amont, et si possible d’utiliser les outils qui vont automatiser le plus possible toutes les tâches répétitives et qui nécessitent du contrôle. Télécharger un manuel sur une tablette est simple, mais nécessite de nombreuses vérifications (est-ce le bon manuel ? au bon niveau ? pour cet élève ?) sur les différentes plateformes d’éditeurs. Le travail en amont est très important et s’accompagne d’une répétition pour être certains que le process se réalisera dans un temps correct et sans rencontrer de difficultés. D’ailleurs le mieux est aussi de créer un process bis, pour pouvoir agir rapidement s’il y a un problème, comme le besoin de réinstaller ou réinitialiser une application qui contient des manuels. Il ne faut pas oublier aussi de prendre en compte la taille des manuels à déployer, en général autour de 4 Giga, le temps de copie, la performance des tablettes (qui peut réduire le temps de téléchargement), et l’espace de stockage disponible.

LDE : Quelle solution propose Milliweb pour simplifer l’offre des éditeurs ?

FXL : Pour le téléchargement en local des manuels, il faut savoir que chaque éditeur propose sa solution. Il n’y a pas de solution mutualisée. Milliweb apporte aussi une solution à une seule entrée, car nous sommes capable de connecter tous les éditeurs dans une seule interface transparente. C’est beaucoup plus simple pour les écoles ou les collectivités en charge des déploiements numériques. Nous sommes là pour faciliter toute cette chaîne qui va de la plateforme de l’éditeur jusqu’à l’élève. Et si possible, lorsqu’on fournit la tablette à l’élève, nous essayons éventuellement de lui fournir une tablette prête à l’emploi, où tous les manuels sont déjà pré-chargés, activés pour que l’élève n’ait plus qu’à se connecter et utiliser son manuel.

 

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