Publié le 27 février 2019

Le défi de l’orientation : vers qui se tourner ?

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L’orientation est une préoccupations des lycéens des familles et du corps enseignant. Ces derniers anticipent les nouveautés de la réforme, tandis que de nouveaux acteurs entrent en jeux.

Nous avons voulu avoir le ressenti de Cécile Raczynski et Mathilde Fabre sur la suppression des filières, l’augmentation du nombre de coachs privés et l’importance du rôle des acteurs de l’orientation : les professeurs principaux, les PRIO (Personnel-Ressource en Information et Orientation) et les professeurs documentalistes.

Cécile Raczynski et Mathilde Fabre partagent la même vocation mais évoluent dans deux lycées différents. La première travaille au Lycée Polyvalent d’Alembert à Aubervilliers (93), qui compte une trentaine de classes, soit environ 580 élèves sur quatre niveaux de sections professionnelles. La seconde officie au Lycée Leonard de Vinci à Levallois-Perret (92), qui intègre presque 60 classes pour 1800 élèves et pour toutes les sections. En plus de leurs missions de gestion et d’animation du CDI, elles accompagnent personnellement les élèves, notamment dans leur orientation, et les aident à se repérer dans les parcours post-bac.

À l’origine des projets d’orientation

Au CDI, lieu de ressources par excellence, les élèves sont assurés de trouver en abondance les informations dont ils ont besoin : les professeures documentalistes s’assurent que les livres, brochures, sites, adresses et affiches soient à jour, et réceptionnent toutes les invitations des écoles et journées portes ouvertes. Pour s’orienter, on retrouve principalement les ressources papiers et numériques de l’Onisep, gratuites et relativement complètes, et d’Actuel CIDJ, très bien réalisées mais disponibles à un prix élevé. Un coût que regrette Mathilde Fabre, car le CDI n’a pas forcément le budget chaque année de proposer ces ressources. Cécile Raczynski remarque, elle, que certains documents sont sous-employés, malgré leur efficacité, parce que les étudiants en sections professionnelles ne sont pas toujours poussés à venir les consulter.

Dans leur établissement, les projets d’orientation des élèves sont portés par les proviseurs, les proviseurs adjoints et les PsyEN (Psychologues de l’Éducation Nationale), puis relayés par les professeurs principaux dans les classes. De nombreux moyens sont déjà mis en place : Cécile Raczynski intervient souvent auprès des terminales, « avec les professeurs principaux, les professeurs d’enseignement professionnel et la PsyEN, nous organisons de nombreuses séances de deux heures, par demi groupes de classes, sur le parcours à venir, sur des projections de BTS ». Au Lycée Léonard de Vinci, Mathilde Fabre précise que « l’établissement est gigantesque, il se passe énormément de choses », et cite comme exemple le Forum des métiers que les classes professionnelles organisent chaque année dans l’enceinte du lycée, où les professionnels se mettent à disposition pour répondre aux questions des étudiants, et les nombreuses conférences métiers présentées dans l’amphithéâtre.

Les lycées en pleine effervescence pour l’arrivée de la réforme

L’arrivée des enseignements de spécialités et la fin des séries (L, ES, S) en premières et terminales sont les grands changements annoncés de la réforme des lycées. Les élèves qui passeront en première générale à la rentrée de septembre 2019 vont pouvoir construire leurs cours en choisissant non plus une série (L, S, ES), mais en les organisant entre enseignements de spécialités et cours communs. La réforme prévoit 3 enseignements de spécialités pour les classes de première, et 2 enseignements de spécialités pour les classes de terminale.

« Aujourd’hui, tout le monde navigue à vue, et l’avenir est encore un peu flou… pour ne pas dire beaucoup » ironise Mathilde Fabre. Dans son établissement, deux réunions à destination des parents d’élèves de seconde ont déjà eu lieu, où la proviseure, le proviseur adjoint, et plusieurs PsyEN sont intervenus. Les futurs élèves vont répondre à plusieurs sondages concernant leurs enseignements de spécialités souhaités, afin que le lycée réussisse à moduler et équilibrer les classes, en prenant en compte le nombre de postes. En parallèle, la direction a organisé de nombreuses réunions avec les professeurs principaux de seconde pour anticiper cette grande question de l’orientation prévue dans la réforme. « Comme beaucoup de choses vont changer, nous sommes encore en train de se mettre à jour, de s’organiser, d’informer. Et nous sommes encore en train de réfléchir à ce qu’on va proposer. Par exemple, jusqu’à l’an dernier, nous avions des modules d’accompagnement personnalisée, des heures consacrées à l’orientation que nous proposions au CDI avec les élèves de seconde. Est-ce que l’on gardera le format ? Ou le contenu ? Ce sont des questions que nous nous posons ».

Tous les établissements travaillent sur la réforme et sur les moyens qu’ils vont mettre en place, surtout pour l’orientation. « Mais le gros problème, c’est de réussir à systématiser : ce grand lycée, qui comporte 12 classes de secondes, rien qu’en section générale, se transforme en usine à gaz dès qu’il faut mettre en place un nouveau moyen ou une nouvelle méthode ».

Le corps enseignant face à un marché de l’orientation privé en développement

Quand on leur parle de l’émergence d’un marché de l’orientation privé et professionnel, Cécile Raczynski et Mathilde Fabre ont la même réaction : « C’est dommage ». Pour Cécile Raczynski, « on ne peut pas empêcher les parents de passer par des coachs privés s’ils se sentent rassurés. Personnellement, je n’ai jamais fait appel à des coachs, je ne connais pas la valeur de leur travail, je sais juste que leur nombre se multiplie », et ajoute que « les élèves des lycées professionnels ont moins recourt à ce genre de services » que ceux issus des sections générales.

Comme elle, Mathilde Fabre est sûre que « les professeurs et PsyEN assurent leurs missions du mieux qu’ils le peuvent, et qu’un élève qui cherche des informations sur son orientation a toutes les ressources dont il a besoin auprès du CDI, des psychologues et des professeurs ». Elle insiste sur le fait que « les familles qui investissent ne sont pas forcément mieux orientées que les autres », et qu’elles ont accès à d’autres infrastructures si elles le souhaitent, comme les Bureaux d’Information Jeunesse (BIJ), situés un peu partout en France. Le BIJ de Levallois-Perret, près du lycée, est d’ailleurs très actif en terme d’orientation et intervient souvent auprès des lycéens via des conférences ou des séances d’informations.

Les PsyEN au cœur de l’orientation

Pour mieux conseiller les élèves dans leur orientation, les professeurs documentalistes préconisent aussi les services de leurs collègues : les PsyEN. Les psychologues de l’Éducation nationale sont au sein des écoles un maillon indispensable du suivi et de l’accompagnement des élèves. Intervenant à la demande des enseignants ou des familles, ils permettent au sein de l’école publique à de nombreux enfants et familles d’accéder à une aide psychologique. Cécile Raczynski et Mathilde Fabre le confirment : « souvent, dans les lycées, le bureau et/ou le cahier de rendez-vous des PsyEN se trouve au CDI, donc on travaille étroitement avec eux. Ce sont les premiers concernés, ils ont d’autres informations venant des rectorats ou du ministère, et voient les élèves au cas par cas ». Même si souvent, les PsyEN interviennent sur plusieurs établissements à la fois, et donnent l’impression d’avoir peu de temps à consacrer, « c’est vers eux que nous orientons les élèves qui se posent le plus de questions sur leur avenir ».

Le lycée doit préparer ses élèves pour leur avenir et leur donner les bonnes clés pour se diriger vers le monde du travail après le baccalauréat. De nombreux moyens existent pour l’orientation, et chaque lycée peut préconiser ses techniques. Si vous vous demandez quelle ressource utiliser, sachez que le Web regorge d’outils. LDE a réalisé un test sur 24 sites internet dédiés à l’aide à l’orientation, pour vous aider à faire le tri.

 

Pour en savoir plus, voici 2 articles sur l’orientation et la comparaison de plusieurs outils

Comparatif de 14 sites sur l’orientation pour vos élèves

Comparatif de 9 sites sur les tests d’orientation, coaching et autres ressources

 

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