Publié le 15 janvier 2019

Entretien avec Célia Rosentraub : les manuels scolaires accompagneront la réforme des lycées 2019

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« La réforme des Lycées, c’est une course de vitesse » selon la Directrice générale des Éditions Hatier-Foucher, Directrice e-Education au sein d’Hachette Livre et Présidente de l’association Les Éditeurs de l’Éducation. Célia Rosentraub nous livre sa vision sur la réforme des lycées, sur les nouveaux enjeux pour les éditeurs, sur la place du numérique dans les manuels scolaires et sur le sujet de l’orientation des élèves.

LDE – Jean-Michel Blanquer a annoncé la réforme du baccalauréat et pose un calendrier de mise en œuvre ambitieux. En effet, les détails des nouveaux programmes ne sont rendus publics que depuis le mois de novembre… Comment les éditeurs vont-ils faire pour être prêts à distribuer des nouveaux manuels scolaires à la rentrée 2019 ?

Célia Rosentraub – Nous nous sommes organisés en anticipant beaucoup, avant même de connaître les nouveaux programmes. Dès le mois de septembre, les équipes éditoriales ont été doublées sur les manuscrits, les manuels scolaires et les ressources numériques. Une plus grande équipe d’auteurs a été montée. Tous étaient dans les starting-blocks pour commencer à travailler. Nous n’avons pu accéder à l’intégralité des programmes qu’en novembre, alors que ces derniers sont encore soumis à fluctuation. C’est pour nous une course de vitesse et avec des équipes renforcées, à la fois sur le plan éditorial et sur le plan des auteurs, nous faisons tout pour être en capacité de livrer les manuels à la rentrée.

La principale difficulté, c’est que nous sommes sur un niveau lycée, et donc sur des programmes bien plus complexes et plus fouillés que sur des programmes de collèges. C’est aussi un véritable challenge car nous avons de nouveaux enseignements dans le tronc commun à intégrer, et les enseignements de spécialités à créer.

LDE – Ce calendrier laisse peu de temps pour rédiger des manuels scolaires, alors que de nombreuses matières sont concernées. Avec un calendrier aussi court, y aura-t-il des spécimens ? Si non, comment les enseignants pourront-ils s’organiser pour découvrir les nouveautés ?

CR – Tous les éditeurs vont faire en sorte de pouvoir fournir des spécimens avant l’été, pour que les enseignants puissent choisir en toute connaissance de cause le ou les manuels qu’ils souhaiteront adopter à la rentrée pour leurs élèves. Néanmoins, s’il s’avérait que certains manuels scolaires sont en retard, que ce soit à cause des nouvelles spécialités, de la complexité, ou du timing serré, il y aura toujours la possibilité d’avoir des spécimens numériques.

LDE – Les Régions de France affirment dans leur Manifeste pour le lycée d’aujourd’hui et de demain leur volonté de mettre à profit l’entrée en vigueur des nouveaux programmes pour créer  « les conditions (…) d’un accès possible aux usages et ressources numériques en tous points des lycées, en prenant en compte l’utilisation des outils personnels des élèves. » Les éditeurs scolaires vont-ils répondre à cette volonté et proposer des ressources numériques pour toutes les disciplines du nouveau programme ?

CR – Les éditeurs scolaires produisent depuis déjà plus de 10 ans des manuels scolaires numériques en parallèle des manuels papiers. Si demain, une Région décide de faire du 100% numérique, les éditeurs scolaires savent répondre. La preuve en est, tous les éditeurs scolaires participent à l’opération Grand Est.

Le 100% numérique est aujourd’hui faisable et facile. Nos plateformes sont intégrées et connectées à l’ensemble des ENT. Nous savons mettre à disposition des manuels numériques dans l’ensemble des disciplines.


 « Les manuels scolaires numérique donnent accès une infinité de possibilités »


 

LDE – Et pour vous, quels sont les apports d’un manuel scolaire numérique ?

CR – Le manuel papier et le manuel numérique servent deux fonctions différentes. Le manuel papier est plutôt là pour la mémorisation, la concentration, la lecture profonde. Réviser un examen sur un manuel papier est plus efficace.

Le manuel numérique quant à lui, donne accès à une infinité de possibilités : un discours du général De Gaulle en live, des exercices interactifs, des quiz, etc. On peut accéder par exemple à des exemples de phénomènes scientifiques qu’on ne peut décrypter à plat sur du papier. Il y a un côté plus engageant et plus motivant pour l’élève, qui a la possibilité d’apprendre en se trompant. La stimulation est plus actuelle avec le numérique.

LDE – La réforme du bac modifie en profondeur les filières et disciplines d’enseignement, et va même faire émerger de nouvelles matières, en Seconde et en Première. Comment les éditeurs prévoient-ils de relever le défi que représente cette variété ? Toutes les disciplines verront-elles un manuel publié ?

CR – Les éditeurs scolaires auront, je pense, à cœur de répondre au mieux aux besoins des enseignants. Une offre de manuels sera proposée si des disciplines sont susceptibles d’être traitées par un manuel. D’autres disciplines n’auront pas besoin de manuels scolaires, car grâce au numérique, nous n’avons peut-être pas besoin d’avoir un manuel scolaire dans les mains pour enseigner ou pour apprendre certaines matières.


« Dans l’ensemble des manuels scolaires, il y aura des ouvertures sur le sujet de l’orientation »


LDE – La rentrée est toujours un moment particulièrement dense lors des années de réformes, certains titres paraissent seulement début septembre, voire plus tard. Pouvez-vous déjà nous donner quelques éléments sur ces retards et les mesures que les éditeurs comptent prendre pour s’en prémunir ?

CR – Nous imprimons pendant l’été, donc nous allons prendre des risques. Nous allons devoir estimer le nombre d’impressions et réserver les places chez les imprimeurs. Cela pour être en capacité de livrer au bon moment, c’est-à-dire début fin août, voire même septembre, dans les établissements.

LDE – La réforme vise notamment à mieux préparer les lycéens au monde du travail. De grands chantiers s’ouvrent sur la question de l’orientation. Est-ce que les éditeurs ont quelque chose à apporter aux enseignants et aux professeurs-documentalistes confrontés à ces problématiques ?

CR – Les programmes portent en eux les questions d’orientation. Même les programmes disciplinaires engagent à travailler l’orientation en faisant des ouvertures sur les métiers. Vraisemblablement, dans l’ensemble des manuels scolaires, il y aura des ouvertures sur le sujet de l’orientation. Après, chacun des éditeurs scolaires sera à même de proposer une offre spécifique sur l’orientation s’il y voit un sens.

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